Au Mali, la répression s’intensifie contre la société civile
Au Mali, la récente dissolution d’une association étudiante par le ministre de l’Administration territoriale illustre une tendance préoccupante : le durcissement de la répression gouvernementale contre la liberté d’association.
Le ministère a justifié cette mesure en invoquant des « violences et affrontements » au sein des établissements scolaires, pointant du doigt des saisies passées d’armes et de stupéfiants parmi certains membres de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM).
Cette décision marque la quatrième dissolution d’organisation en moins de quatre mois. Le 6 mars, les autorités ont mis fin aux activités de la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko, une entité plaidant pour un retour à un pouvoir civil, sous prétexte qu’elle représentait une « menace pour la sécurité publique ». Fin février, c’est le mouvement Kaoural Renouveau qui a été visé pour des critiques jugées « subversives » envers la junte. Enfin, en décembre, l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance a subi le même sort, accusé de troubler l’ordre public.
Depuis le coup d’État de 2021, le pouvoir en place multiplie les actions contre la dissidence, les opposants politiques et la presse, restreignant drastiquement l’espace civique. En mars, la disparition forcée du colonel Alpha Yaya Sangaré, auteur d’un ouvrage sur les abus des forces armées, a renforcé ces inquiétudes.
Face à cette situation, la Commission nationale des droits de l’homme du Mali a dénoncé une « tendance systémique » de suspension des libertés fondamentales. Des préoccupations partagées par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
Alors que le pays est sous une gouvernance non élue depuis près de trois ans, la protection de l’espace civique est indispensable. Il est impératif que les autorités maliennes reviennent sur ces dissolutions et garantissent le respect des droits fondamentaux de leurs citoyens.