Human Rights Watch accuse l’Africa Corps d’avoir tué des civils au Mali

Human Rights Watch accuse l’Africa Corps d’avoir tué des civils au Mali

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a révélé dans un communiqué publié ce vendredi 31 juillet, que «des frappes aériennes, manifestement illégales, menées le 15 juin dernier dans le centre du Mali par l’Africa Corps, une structure sous contrôle du gouvernement russe, auraient tué huit civils, parmi lesquels figurent trois enfants».

L’organisation de défense des droits humains explique qu’à cette date, un avion de fabrication russe «Soukhoï Su-24» a bombardé le village de Kyrnia dans la région de Mopti, tuant huit civils et en blessant trois autres. Les frappes ont touché la résidence du chef du village et un petit marché aux bestiaux, sans faire de victimes parmi les combattants islamistes.

Cet avion d’Africa Corps « a tué des civils (…) au mépris manifeste du droit de la guerre », a déploré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à HRW, accusant le gouvernement malien d’être « lui aussi responsable des atrocités commises par ses forces alliées », en donnant « un chèque en blanc aux autorités russes».

L’ONG dit avoir mené une enquête sur ces frappes en s’appuyant sur 19 entretiens téléphoniques menés entre le 24 juin et le 14 juillet auprès de témoins, de la société civile, de militaires maliens et de journalistes locaux ; des analyses d’images satellites des lieux des frappes, une vidéo d’Africa Corps et des photographies publiées par un groupe armé islamiste.

L’organisation rappelle que le droit de la guerre, qui s’applique au conflit armé au Mali, interdit les attaques qui visent des civils et des biens de caractère civil, qui ne font pas de distinction entre les civils et les combattants ou qui sont susceptibles de nuire à des civils ou à des biens de caractère civil de manière disproportionnée par rapport à tout avantage militaire attendu.

« Le gouvernement malien ne peut pas se cacher derrière les violations du droit de la guerre commises par ses alliés russes », a conclu Ilaria Allegrozzi, demandant à la junte au pouvoir de lancer une « enquête de manière impartiale sur tous les crimes de guerre possibles perpétrés sur son territoire, y compris les frappes aériennes à Kyrnia. »

Le Mali, sous les commandes du général Assimi Goïta, a renforcé les liens avec la Russie dans le domaine sécuritaire et la lutte contre les groupes terroristes armés, après avoir expulsé les forces françaises et les casques bleus de l’ONU.